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Enfermée dans un bocal, une danseuse en chiffon. Jolie libertine de serpillère et de satin. Elle tourne jusqu'à ce que son foie hurle et se rebiffe. Elle s'écroule, se relève, se cogne avec violence contre la vitre. Un premier monstre régurgité, gisant tout pâle sur le sol : monsieur déprime. D'avoir trop tourné, la poupée s'endort à moitié. Elle a l'air hagard des poupées de fin de soirée. Une danse ? Le monstre s'étire, prend des allures de prince et fait la révérance. Elle sourit. Le fameux sourire de soumission. Il la prend dans ses bras et la fait voler dans les airs. La malade crache un deuxième monstre sur le sol. Trop ballotée. Monsieur désespoir comme une flaque sur la chaussée. Un deuxième prince en somme, faisant aussi bien la révérance que le premier. Mais la poupée est bonne actrice. Du maquillage pour la pâle figure et un semblant de faux tourni. Elle saisit le poignard accroché à ses bas et attaque les imposteurs. Un coup en travers de la gorge, un autre dans les entrailles. Son visage est déformé par la haine, ses mains tremblent et ses cheveux s'emmêlent à mesure qu'elle se prend au jeu de la barbarerie. Les monstres sont à l'agonie, mais sourient en coin de voir la petite poupée animée par ce violent désir : la vengeance. Et deux cornes lui poussent sur la tête faisant naître dans ses yeux quelques larmes amers...Assise à côté des deux cadavres, elle regrette son geste. Le bocal s'ouvre. Un briquet s'avance, y mettant le feu. la faute Adieu.